RCD-Infos
07/11/2008--
Discours du Président Zine
El Abidine Ben Ali
à l’occasion du 21e anniversaire du Changement
(Tunis, le 07/11/2008)
"Au Nom de Dieu, le Clément, le
Miséricordieux
Citoyennes,
Citoyens,
Dans la fierté et l'allégresse, notre peuple commémore,
aujourd'hui, le 21ème anniversaire du Changement, en ayant
pleinement foi en l'avenir et en s'armant de détermination
pour un surcroît de labeur et de don de soi au service de la
Tunisie, de son invulnérabilité et de sa prospérité.
Ce sont vingt et une années de réformes ininterrompues qui
nous ont permis d'accumuler les acquis et les réalisations
dans tous les domaines, grâce au dévouement de notre peuple,
à son adhésion à nos choix, à nos programmes et à nos
orientations, ainsi qu'à la ferme détermination et aux
grandes ambitions qui animent les Tunisiennes et les
Tunisiens.
Il m'est agréable, en cette circonstance, de féliciter notre
illustre artiste, Zoubeir Turki, récipiendaire du Prix du 7
Novembre de la création artistique, au titre de ses œuvres
d'avant-garde dans le domaine des arts plastiques.
Le niveau de prospérité et de progrès dont se prévaut,
aujourd'hui, notre pays, témoigne de la pertinence des choix
et des politiques que nous avons mis en œuvre.
Nous n'en sommes que plus déterminés à gagner les paris, à
relever les défis et à réaliser les objectifs fixés pour la
période à venir, et cela par attachement à servir la patrie,
à honorer la mémoire des martyrs et à consacrer, encore et
toujours, l'engagement que nous avions pris envers le
peuple, dès l'aube du 7 Novembre.
Les principes du Changement continueront d'être nos
constantes intangibles dans toutes les initiatives que nous
prenons et dans toutes les politiques que nous adoptons à la
lumière des impératifs de la progression de notre société et
des exigences qu'imposent les mutations mondiales et les
changements de conjoncture qui surviennent dans
l'environnement de notre pays et de notre région.
La célébration de l'anniversaire du Changement coïncide,
cette année, avec l'amorce d'une période riche en échéances
marquantes, dont notamment le cinquantenaire de la
promulgation de la première Constitution de la République
Tunisienne. Il s'agit d'une date historique privilégiée à
laquelle nous porterons toute l'attention requise, compte
tenu de la place fondamentale que cet acquis national occupe
dans notre système républicain et dans la vie de notre
peuple.
Notre pays s'apprête, en outre, à organiser les prochaines
élections présidentielle et législatives, qui représentent
un événement particulièrement important auquel nous
œuvrerons à assurer toutes les conditions de réussite, pour
illustrer le degré de maturité atteint par notre peuple et
le niveau d'évolution qui caractérise la vie politique dans
notre pays, sur la voie de la démocratie et du pluralisme.
Nous assurerons à ces élections toutes les conditions
requises pour qu'elles se déroulent dans un climat de
transparence, de respect de la loi et de comportement
civique élevé.
Nous avons invariablement veillé à promouvoir la loi
électorale, en vue de conforter les droits des candidats et
de garantir la bonne marche et l'intégrité du scrutin.
Dans le droit-fil de cette option qui est la nôtre, nous
ordonnons de réviser le mode d'organisation,
d'enregistrement et de diffusion à la Radio et à la
Télévision tunisiennes, des interventions des candidats aux
élections présidentielle et législatives, en confiant au
Président du Conseil supérieur de la communication ou à son
représentant mandaté, le soin d'évaluer les enregistrements
et de s'assurer de l'absence de toute transgression des
textes de lois en vigueur. En cas d'opposition du candidat à
la suppression de passages contraires à l'esprit de la loi,
le Président du Conseil supérieur de la Communication a la
latitude de prendre la décision immédiate, provisoire et
motivée de s'opposer à la diffusion de l'enregistrement.
De son côté, le candidat peut recourir en appel de cette
décision d'opposition, auprès du Président du tribunal de
première instance de Tunis, conformément à une procédure qui
garantit les droits de toutes les parties et respecte les
délais fixés à la campagne électorale.
Nous œuvrons constamment à renforcer les garanties assurées
à l'opération électorale, en toutes ses étapes, pour que le
scrutin se déroule dans les conditions d'intégrité et de
transparence, et reflète la volonté populaire.
La Constitution tunisienne stipulant, depuis l'amendement
introduit en 2002, l'attribution au Conseil constitutionnel
de la prérogative de contrôle des élections présidentielle
et législatives et du référendum, le Conseil a accompli ce
nouveau rôle, pour la première fois, lors des dernières
élections présidentielle et législatives. Il s'est toutefois
avéré que les délais impartis pour statuer sur les résultats
des élections législatives demandaient révision.
C'est pourquoi nous ordonnons, aujourd'hui, de proroger le
délai initial fixé à cet effet ainsi que le délai de
prolongement qui est du ressort du Conseil Constitutionnel.
C'est ce qui assurera à cette instance une période
raisonnable pour pouvoir trancher sur les requêtes, sans
préjudice du principe de diligence de prise de décision aux
fins de sauvegarder la crédibilité du scrutin et de
satisfaire à la spécificité des litiges électoraux.
Nous avons la ferme détermination à continuer à faire
évoluer la vie politique dans notre pays, en vue de
conforter davantage la démocratie, de consolider le
pluralisme, d'élargir les aires de la participation et de
renforcer le rôle de la société civile. Car, l'option
démocratique est l'une des constantes sur lesquelles nous
avons fondé notre œuvre de réforme. Elle émane de notre
conception d'une construction civilisationnelle aux
dimensions cohérentes.
Invariablement, nous nous sommes préoccupés de faire en
sorte que notre approche puise dans nos réalités et soit en
phase avec les principes universels de démocratie et de
droits de l'homme, et en harmonie avec nos spécificités et
nos aspirations, dans une progression qui évolue avec
assurance, à l'abri des risques de retour en arrière ou de
dérapage que certaines expériences ont eu à connaître,
ailleurs dans le monde.
Nous avons misé sur l'option pluraliste, tant nous sommes
convaincus que la diversité des opinions est, pour la vie
publique, une source de richesse qui ne peut que conforter
les constantes nationales, celles-là mêmes qui unissent
toutes les énergies nationales et, en premier lieu, les
partis politiques, qu'ils soient au pouvoir ou dans
l'opposition.
Nous avons érigé le dialogue en fondement essentiel de notre
processus démocratique et œuvré constamment à en élargir le
cadre, à travers l'organisation de consultations concernant
les thèmes majeurs de notre progression nationale.
Nous avons constamment œuvré à promouvoir les libertés
publiques et, en premier lieu, la liberté d'expression, et
pris maintes initiatives et mesures au profit du domaine de
l'information, en vue de promouvoir le paysage médiatique et
d'en améliorer le niveau de rendement, en comptant sur la
prise de conscience des gens de la profession, sur leur
attachement à la liberté de l'information autant qu'à ses
règles d'éthique. Il s'agit de règles qui sont, pour nous,
des garanties de la liberté et des attributs du comportement
démocratique auquel certains viennent, parfois, à faillir,
tout particulièrement, parmi les intrus à la profession et
les professionnels de la désinformation, en diffusant des
allégations mensongères et en portant atteinte aux intérêts
supérieurs du pays.
L'un des acquis de notre marche réside dans la propagation
de la valeur de solidarité et la mise en place des
fondements d'une société solidaire et cohérente, sur la base
d'une approche qui fait de cette noble valeur morale une
plate- forme privilégiée pour la garantie des conditions
d'équilibre, de stabilité et de cohésion sociale, en même
temps qu'une passerelle conduisant à la consécration du
droit de tous aux fruits du développement et à une vie
décente.
Le pari engagé sur la femme tunisienne est, lui aussi, un
choix stratégique dans lequel le respect que nous inspirent
le degré de maturité de la femme et l'évolution des rôles
qu'elle assume, s'allie à notre conception des critères de
démocratie et de droits de l'homme et à notre vision du
développement, dans ses significations et ses dimension les
plus exhaustives.
Nous tenons à réaffirmer, une fois de plus, que la femme est
un partenaire agissant dans la concrétisation de la
démocratie et dans la réalisation du développement. Nous
réaffirmons, également, notre détermination à faire en sorte
que la femme tunisienne reste l'une des illustrations
vivantes de la modernité de notre pays et du progrès de
notre peuple.
Citoyennes,
Citoyens,
La mutation qualitative que notre pays a réalisée dans tous
les domaines, est le fruit d'un processus intégral de
développement, aux dimensions équilibrées, qui a doté
l'économie nationale des attributs de promotion, avec mérite
et assurance, au rang des pays développés.
Aujourd'hui, nous abordons la dernière année de notre
programme électoral pour la période 2004-2009 dont nous
avons, avant l'échéance prévue, pratiquement parachevé la
concrétisation des objectifs contenus dans la plupart de ses
vingt et un points.
En 2006, lors de la célébration du cinquantième anniversaire
de l'Indépendance du pays, nous avions annoncé un ensemble
d'objectifs stratégiques ambitieux pour l'horizon 2016, en
Tunisie, tels que la réduction de 4 points du taux de
chômage, le doublement du revenu par tête d'habitant, pour
le porter à 8.000 dinars par an, le développement des
secteurs porteurs à haut contenu de savoir, pour en porter
de 20 pc à 35 pc la contribution au produit intérieur brut
(PIB) en 2016, la multiplication par 3 du réseau autoroutier
et la promotion de l'espace économique national, pour en
faire un pôle privilégié des investissements directs
étrangers (IDE).
Nous progressons en direction de ces objectifs, avec
détermination et constance, à la faveur de la conjonction
des efforts de tous et à la lumière des choix et programmes
que nous avons adoptés dans le Plan de développement en
cours, ainsi que des projets et initiatives que nous avons
lancés, en harmonie avec les données nationales et la
conjoncture mondiale, tout au long de ces dernières années.
Ce faisant, nous avons pu continuer à réduire le taux de
chômage pour l'abaisser à 14 pc, cette année, ce taux ne
s'étant aggravé que pour les titulaires de diplômes de
l'enseignement supérieur, du fait de l'accroissement
continu, d'une année à l'autre, du nombre des diplômés
universitaires. Il s'agit, assurément, d'un accroissement
dont nous sommes fiers, par-delà la pression qu'il implique
pour le marché de l'emploi, dès lors qu'il illustre, à nos
yeux, l'évolution et la modernité de notre pays, tout
particulièrement, à l'heure où nous célébrons, cette année,
le cinquantenaire de l'Université tunisienne.
Comme nous l'avons invariablement souligné, l'emploi reste
au premier rang de nos priorités. Bien que nous ayons réussi
à hisser les créations d'emplois à une moyenne de 80.000
emplois par an, avec une multiplication par 5, durant la
période 1987-2007, du nombre des recrutés parmi les diplômés
de l'enseignement supérieur, nous avons la ferme
détermination à continuer à promouvoir l'emploi, tout
particulièrement, au profit des diplômés du système
d'enseignement et de formation.
Nous avons attentivement suivi le déroulement de la
consultation nationale sur l'emploi que nous avions ordonné
d'entreprendre, lors du 20ème anniversaire du Changement, et
dont les conclusions bénéficient de toute notre sollicitude.
Sur la base des recommandations issues de cette
consultation, nous ordonnons, aujourd'hui, d'entreprendre
une réforme approfondie de la politique active de l'emploi,
afin de mieux l'orienter en direction des catégories qui
sont en butte à des difficultés spécifiques d'insertion et
d'élaborer un programme pour hisser la qualité des services
des bureaux d'emploi au niveau des normes en vigueur à
l'échelle internationale, et consolider ainsi leur aptitude
à faciliter les opérations d'insertion des demandeurs
d'emploi dans la vie professionnelle.
Nous annonçons, en outre, notre décision d'établir des
programmes spécifiques à l'intention des demandeurs
d'emplois parmi les titulaires de diplômes de l'enseignement
supérieur, dont le chômage perdure, et cela en partenariat
avec les entreprises économiques et le tissu associatif, en
vue de leur dispenser des qualifications et une formation,
de favoriser leur embauche ou de les aider à créer des
projets. Les jeunes qui bénéficieront de ces programmes
seront accompagnés et encadrés jusqu'à leur insertion dans
le marché de l'emploi.
Quant à la moyenne du revenu par habitant, elle n'a pas
cessé d'évoluer depuis le Changement, pour atteindre près de
5.000 dinars par an, en 2008. La part des secteurs porteurs
dans le PIB a atteint, quant à elle, 23,5 pc et les IDE ont
connu une impulsion remarquable, dépassant cette année 2.800
millions de Dinars.
Nous avons, en outre, constamment veillé à réaliser un saut
qualitatif dans notre réseau routier, pour le hisser au
niveau des normes mondiales modernes, l'adapter aux diverses
mutations que connaît le pays, conforter la compétitivité
des divers secteurs de production et relier les différentes
régions du pays, avec l'efficacité et la diligence requises
dans toutes économie moderne.
Ainsi, la période écoulée aura été marquée par l'entrée en
exploitation de l'autoroute M'saken-Sfax, qui a porté de 115
kilomètres en 2006 à 360 kilomètres, aujourd'hui, la
longueur totale du réseau autoroutier.
Dans le but de consolider cet effort, et outre notre
décision de construction du tronçon reliant Oued Zarga et
Bou Salem et de réalisation, par tranches successives, du
tronçon autoroutier Sfax-Ras Jedir, et les directives que
nous avions données en vue du raccordement des villes du
Nord-Ouest à l'autoroute, au moyen de voies de communication
rapides, nous annonçons, aujourd'hui, le démarrage des
travaux de réalisation du tronçon Sfax-Gabès, qui
constituera la première tranche de l'autoroute qui mènera à
Ras Jedir, et ordonnons le prolongement de l'autoroute
jusqu'aux gouvernorats de Kairouan, Sidi Bouzid, Kasserine
et Gafsa. Ce faisant, nous aurons réalisé près de 1200
kilomètres d'autoroutes, ce qui dépassera de loin l'objectif
retenu pour l'horizon 2016, et dotera les régions de l'Ouest
et du Centre du pays d'une infrastructure de transport
moderne propice à consolider leur attractivité en matière
d'investissement.
Ces résultats, acquis et réalisations auront permis à notre
pays de hisser de 29 pc en 2006, à 35 pc en 2008,
l'indicateur de rattrapage du cortège des économies des pays
membres de l'Organisation de coopération et de développement
économique (OCDE).
Ce sont là des performances que confortent les diverses
évaluations internationales connues pour leur crédibilité,
dont la dernière en date aura été le rapport du forum de
Davos, publié le 18 octobre dernier, qui classe la Tunisie
au deuxième rang mondial, en matière de bonne gestion des
finances publiques.
Le 21ème anniversaire du Changement coïncide avec le
cinquantenaire de la Banque Centrale de Tunisie, de
l'institution du dinar tunisien et de la création du premier
noyau de banques nationales.
Aujourd'hui, nous donnons le coup d'envoi des festivités
commémoratives de cette date de naissance de l'indépendance
monétaire et financière de notre pays.
Tout au long de cette période, le secteur financier a
apporté son concours actif à l'édification de l'économie
nationale, en développant de nouveaux secteurs et activités,
en créant une nouvelle génération d'entreprises, en assurant
les équilibres financiers du pays, en consolidant son
invulnérabilité et en le protégeant contre toutes les
secousses extérieures.
Depuis le début du Changement, nous avons entrepris de
réformer le secteur bancaire, de moderniser son cadre
juridique, de renforcer son assise financière et de
développer ses modes de travail.
Nous avons ainsi réussi, depuis le démarrage de notre
Programme pour la période 2004- 2009, à accomplir des
résultats importants dont les plus significatifs auront été
la réduction de près de 10 points du taux des dettes
classées, au cours de ces quatre dernières années, et la
progression dans la promotion de la structuration des
institutions relevant de ce secteur, et des prestations
qu'elles fournissent.
Dans le cadre de la poursuite de ce processus, nous
insistons sur la nécessité de redoubler d'effort en vue
d'abaisser à moins de 10 pc, à l'horizon 2011, la part des
dettes classées.
Nous progressons avec assurance en direction de la
libéralisation totale du Dinar, en ayant pour objectif
d'aménager les conditions propices au soutien à apporter aux
entreprises tunisiennes, dans leurs efforts d'accéder aux
marchés extérieurs et d'attirer un surcroît
d'investissements.
Dans ce cadre, nous avions ordonné de procéder à la révision
du Code de change, dans le sens de la suppression du
principe de non-conservation des devises, de l'élargissement
de la marge de tenue des comptes en devises, de
l'instauration de la possibilité de tenue de comptes en
devises à l'étranger, dans le cadre des marchés conclus à
l'extérieur du pays et de la révision des procédures pénales
existantes, en vue de les orienter, autant que possible,
vers le droit public.
Dans le cadre de notre attachement à faire de notre pays une
place financière régionale, nous ordonnons de réviser la loi
de 1985 régissant les institutions financières qui traitent
essentiellement avec les non-résidents, et cela dans le sens
de la suppression des obstacles existant entre les deux
régimes et du rapprochement entre ces derniers afin de
favoriser la polarisation d'institutions financières de
renom mondial.
La crise financière mondiale en cours est venue démontrer la
pertinence de nos choix, tant dans notre souci de mobiliser
le secteur financier au profit du développement et de
l'emploi, loin de toute forme de surenchère, que dans notre
cheminement progressif dans la mise en œuvre du programme de
libéralisation financière extérieure, tout en accordant la
priorité à la libéralisation des opérations courantes,
directement liées à l'activité économique, ou bien encore,
dans notre orientation, depuis 2001, vers la généralisation
de la notion de banque universelle dont les activités sont
assujetties à des critères précis, sans préjudice des
finalités de l'investissement ni du financement des projets.
Il est de notre devoir d'œuvrer à devancer les événements
dans le domaine financier qui traverse une profonde crise
mondiale. Aussi, avons-nous décidé de créer un centre de
recherches et d'études financières et monétaires, sous la
tutelle de la Banque Centrale de Tunisie, qui procède au
suivi des développements internationaux, à la réalisation
d'études et de recherches prospectives requises à leur
sujet, à l'analyse de leur impact sur l'économie nationale
et à la présentation des suggestions qui s'imposent.
Cette crise monétaire a étendu ses tentacules vers plusieurs
pays, avec plus ou moins d'impact d'un pays à un autre.
Nombreuses ont été les initiatives et mesures prises pour en
atténuer l'acuité, éviter l'aggravation et l'amplification
du phénomène, et essayer de remédier à ses causes.
Dès l'apparition des signes précurseurs de cette crise, nous
avons œuvré à en surveiller les développements, à prévenir
ses conséquences et à en cerner les retombées sur le
processus national de développement.
C'est dans ce contexte que nous avons ordonné la
constitution d'une commission pour procéder au suivi de la
conjoncture financière et économique internationale et
proposer les mesures adéquates à prendre, le cas échéant, en
vue de garantir les conditions optimales de la poursuite du
processus de développement, conformément aux objectifs
fixés. Bien que les résultats enregistrés démontrent que
notre pays a réussi, à la faveur de son schéma de
développement, qui tient compte des spécificités nationales
et adopte l'efficience et l'interdépendance des dimensions
économique et sociale, à sauvegarder ses équilibres majeurs
et à affronter, jusqu'ici, les bouleversements extérieurs,
nous nous préoccupons de continuer à observer une vigilance
soutenue face aux développements en cours et aux prévisions
qui font état d'un repli de la croissance de l'économie
mondiale.
Nous nous préoccupons, en outre, de dynamiser les divers
programmes, mécanismes et politiques aptes à préserver
l'intégrité de l'économie nationale, de renforcer sa
compétitivité et de maintenir la dynamique de la croissance,
de l'investissement et de l'emploi.
C'est à cette fin que nous avions ordonné de majorer les
crédits alloués au développement, dans le cadre du projet de
budget de l'Etat pour le prochain exercice, en le portant à
3.900 millions de Dinars, contre 3.200 millions de Dinars,
au titre de la loi de finances de l'exercice 2008, et cela
dans le but de consolider la cadence de promotion de
l'infrastructure de base, de renforcer les mécanismes de
soutien à l'entreprise économique, et d'impulser les
exportations et les investissements, à l'effet d'accroître
sa compétitivité, de revitaliser l'activité économique et de
consolider la création d'emplois.
Dans le cadre de cette orientation, nous ordonnons de
restructurer le système d'assurances à l'export et d'en
renforcer les ressources financières, de manière à garantir
une couverture plus large à nos exportations, à assurer les
crédits commerciaux indispensables et à écourter les délais
d'indemnisation.
Nous ordonnons, dans ce même contexte, d'instaurer un
nouveau programme à l'effet d'aider les entreprises à
conformer leurs produits aux exigences du marché extérieur,
à participer aux foires et à déployer un effort de promotion
commerciale, pour renforcer l'aptitude de pénétration du
produit tunisien sur les marchés des pays frères et amis, et
aiguiser la vitalité économique.
Nous ordonnons, en outre, d'élaborer un nouveau plan en vue
d'améliorer les divers fondements de la compétitivité de
l'économie nationale, englobant les aspects législatif,
réglementaire, institutionnel et logistique, outre
l'impulsion à donner aux programmes de mise à niveau de la
production, dans les divers secteurs.
Eu égard à l'importance que nous attachons aux petites et
moyennes entreprises, qui constituent l'épine dorsale du
tissu économique national, nous avons œuvré, au moyen de
maintes mesures, à renforcer leur potentiel de production,
d'investissement, d'emploi et d'exportation.
Dans le but de consolider les efforts déployés en la
matière, nous ordonnons de doubler le capital de la Banque
de financement des petites et moyennes entreprises, et de
restructurer le régime de garantie des crédits accordés à
cette catégorie d'entreprises, pour contribuer à impulser
l'investissement et la création d'un surcroît d'entreprises.
Nous annonçons, en outre, notre décision de majorer, de 10
pc à 20 pc, l'avance consentie au titre des marchés publics
confiés aux petites et moyennes entreprises, et de
consolider les diverses formes de soutien aux unités de
production, en vue de renforcer leur aptitude à faire face
aux aléas et à préserver leurs positions sur le marché
tunisien et les marchés extérieurs.
Nous avons constamment œuvré à faire en sorte que l'Etat
soit au premier rang des acteurs dans le soutien au
processus de développement du pays, en mobilisant les
crédits requis pour consolider l'infrastructure et les
équipements collectifs, et stimuler la création
d'entreprises, tout en préservant les équilibres financiers.
C'est là une démarche dont les résultats auront confirmé la
pertinence et la rentabilité.
Dès lors que la concrétisation de cet objectif est
inévitablement tributaire du renforcement de nos propres
ressources, dans le respect des principes de justice et
d'équité, nous avons constamment œuvré à moderniser notre
système fiscal et à continuer à alléger les charges
supportées par l'entreprise et le citoyen.
A cet effet, les initiatives se sont succédé, à travers la
promulgation d'une amnistie fiscale, l'allégement du taux de
l'impôt direct au bénéfice des entreprises, la suppression
du taux fiscal maximum sur la valeur ajoutée, la poursuite
du processus de simplification des procédures et le
renforcement des droits du contribuable vis-à-vis de
l'administration.
Dans le cadre de cette option, nous ordonnons de mettre en
œuvre un nouveau train de mesures, à inscrire dans le projet
de loi de finances pour l'exercice 2009, à l'effet de
simplifier davantage les modalités de cession des
entreprises, pour garantir leur survie en maintenant les
avantages qui leur sont consentis, à condition qu'elles
poursuivent leur activité et préservent les emplois en son
sein.
Nous ordonnons, également, dans le cadre de la
simplification des modalités d'application des jugements, de
permettre aux justiciables d'enregistrer les verdicts et
décisions qui ne dépassent pas trois mille dinars au taux
courant, au lieu de 5 pc du montant décidé par le tribunal,
et de dispenser de tout règlement ultérieur, les
bénéficiaires de cette procédure.
Dans le but d'impulser davantage la réconciliation entre le
citoyen et le fisc, nous ordonnons d'inclure, dans la loi de
finances du prochain exercice, de nouvelles dispositions
conduisant à l'abaissement automatique des amendes fiscales,
toutes les fois que les résultats de la vérification fiscale
dégagent, en même temps, des montants dus à l'Etat et des
montants à rembourser au citoyen ou à l'entreprise.
Citoyennes,
Citoyens,
Le volet social est une assise fondamentale de notre
politique de développement. Nous avons, ainsi, renforcé les
programmes d'encadrement des catégories vulnérables et aux
besoins spécifiques, et œuvré à alimenter l'esprit de
solidarité au sein de la société, dans le cadre d'une
approche fondée sur la sauvegarde de la dignité de
l'individu et la nécessité de permettre à toutes les
Tunisiennes et à tous les Tunisiens de bénéficier des fruits
du développement.
C'est dans ce même contexte que se situe notre souci
d'améliorer la condition des quartiers populaires, tout
particulièrement, dans la périphérie des grandes villes.
Nous avions ainsi ordonné la mise en œuvre d'un programme
cohérent d'intervention au profit de 26 quartiers totalisant
une population de 166.000 habitants, à l'effet d'y
moderniser l'infrastructure de base, de mettre en place les
équipements collectifs requis et d'encourager les activités
productives.
Dans la foulée de ce programme dont la réalisation se
poursuit à une cadence soutenue, nous ordonnons d'élaborer
un programme additionnel en vue de la réhabilitation de plus
d'une cinquantaine de quartiers, totalisant près de 200.000
habitants, tout en accordant une attention particulière aux
domaines de la formation et de la promotion des activités
productives, moyennant une enveloppe globale de 150 millions
de dinars.
Nous nous sommes constamment préoccupés de promouvoir les
salaires et les conditions de travail, et de développer le
dialogue social, conformément à une vision qui procède de la
complémentarité et de l'interdépendance des intérêts des
parties concernées par la production.
Nous nous sommes, également, préoccupés d'accorder une
attention constante aux législations sociales, en les
réformant et en les amendant, pour les adapter aux mutations
nationales et mondiales. Nous avons, en outre, œuvré à
réformer et à élargir les régimes de couverture sociale, à
consolider les programmes de logements sociaux, à faciliter
les conditions d'acquisition de logement et à conforter les
transferts sociaux.
Bien que les réalisations et les acquis accumulés par notre
pays, soient, pour nous, une source de fierté, nous nous
devons, au vu des mutations en cours dans le monde, et des
crises et des difficultés qu'elles ont engendrées, de
redoubler d'effort pour nous prémunir des retombées de ces
crises, préserver les acquis nationaux et concrétiser les
objectifs fixés, pour les promouvoir et les enrichir.
Dès lors que nous nous sommes constamment préoccupés de
garantir la périodicité des négociations sociales concernant
la révision des salaires et des conventions collectives,
nous exhortons les diverses parties concernées à œuvrer dans
le droit-fil de leur esprit patriotique et de leur prise de
conscience de l'importance des enjeux et des défis, en vue
de la réussite des pourparlers en cours, en leur septième
session et de leur parachèvement, dans les délais les plus
courts, afin de préserver l'intégrité du processus de
développement, de sauvegarder les intérêts de toutes les
parties, et de tenir compte des possibilités du pays et des
conséquences que peut avoir la conjoncture économique
précaire que traverse le monde.
C'est ce qui conforte et consacre un acquis social majeur
dont la Tunisie possède la primeur exclusive parmi les
nations du monde, à savoir la périodicité constante et
ininterrompue des majorations salariales, depuis l'année
1988.
Nous avons la conviction inébranlable que le développement
n'a point de signification sans l'équité dans la répartition
de ses fruits entre toutes les couches de la société.
Citoyennes,
Citoyens,
Depuis le changement du 7 novembre, nous avons réussi à
améliorer notre réactivité aux développements mondiaux, à
mieux nous y adapter et à en prévenir les défis et les
enjeux. Le prestige de la Tunisie a été consolidé dans les
diverses instances internationales et régionales, en même
temps que se confortait le capital de confiance et de
respect dont notre pays jouit auprès de ses partenaires et
des divers organismes internationaux.
La Tunisie a toujours soutenu les causes de justice et de
paix dans notre région et ailleurs dans le monde et, en
premier lieu, la cause palestinienne que nous considérons
comme étant notre cause première. Nous avons, également,
œuvré avec constance à conforter les fondements de la
coopération et du partenariat solidaire avec les divers
espaces de notre appartenance régionale, qu'il s'agisse du
Maghreb, du Monde arabe, de la Méditerranée ou de l'Afrique,
en apportant notre concours actif aux efforts d'intégration
et de complémentarité déployés au sein de ces ensembles.
Nous insistons, une fois de plus, en cette circonstance, sur
la nécessité de redoubler d'effort pour accélérer la mis en
place de la zone maghrébine de libre-échange et la
réalisation des grands projets maghrébins, compte tenu de
leur impact certain sur la dynamisation du processus
d'édification de l'Union maghrébine et la réalisation de
l'intégration économique et du partenariat entre les pays de
la région.
Sur la base de l'importance que nous accordons à la
dimension économique et de développement, dans les relations
interarabes de coopération et d'intégration, nous formons
l'espoir de voir le Sommet économique, social et de
développement, que le Koweït frère abritera au début de
l'année prochaine, contribuer à la stimulation du processus
de complémentarité économique entre les Etats arabes et à
élargir l'aire de leurs intérêts réciproques.
Eu égard à l'importance stratégique des relations que la
Tunisie entretient avec l'espace européen, l'année en cours
aura été marquée par l'entrée en vigueur de l'accord de
libre-échange avec l'Union Européenne. Au demeurant, nous
nous préoccupons de promouvoir davantage nos relations de
coopération avec l'Europe, aux niveaux tant bilatéral que
multilatéral.
La Tunisie a, en outre, œuvré à apporter son appui aux
diverses initiatives qui visent à consolider la coopération
au sein de l'ensemble méditerranéen, et à conforter la
sécurité, la paix et le développement solidaire de tous les
peuples de la région.
Nous continuerons d'agir en faveur du raffermissement de nos
relations d'amitié avec les pays des continents américain et
asiatique, et de la promotion de notre coopération avec eux,
dans les domaines, de l'investissement, des technologies de
pointe et des échanges commerciaux.
Les défis majeurs auxquels le monde est, aujourd'hui,
conforté, et que la crise financière mondiale, la hausse des
prix des hydrocarbures et des produits alimentaires de base,
ainsi que la dégradation de l'équilibre écologique, sont
venus aggraver, impose la conjonction des efforts de tous,
pour trouver des solutions efficaces afin d'endiguer les
incidences de cette conjoncture.
En maintes circonstances, nous avions appelé à la nécessité
d'adopter des approches de développement qui puissent
consacrer les dimensions humanitaires de la solidarité et
instaurer davantage d'équité et d'équilibre dans les
relations internationales.
Aujourd'hui, nous renouvelons notre appel à
l'intensification des efforts pour dynamiser le Fonds
mondial de solidarité, adopté en 2002 par les Nations Unies,
en tant que mécanisme de lutte contre le phénomène de la
pauvreté et de la faim dans le monde et de réduction des
écarts entre les peuples.
Dans le but de confirmer la place toute particulière que
nous avons accordée à la communauté tunisienne à l'étranger,
nous nous sommes constamment employés à l'encadrer, à la
protéger et à suivre attentivement ses préoccupations, à la
lumière des mesures et des décisions que nous avons prises
en vue d'améliorer sa condition, de préserver ses droits, de
protéger sa dignité, dans les divers pays de résidence, et
de garantir sa contribution active au processus de
développement du pays.
Citoyennes,
Citoyens,
L'attention que nous portons aux jeunes procède des
fondements mêmes de notre vison réformiste et des impératifs
de l'édification de l'avenir du pays. Car, la sauvegarde des
acquis et du prestige de la patrie et la défense de sa
bannière, constituent une responsabilité sans cesse
renouvelée pour nos générations successives.
De nos jours, l'encadrement de jeunes est l'une des missions
les plus délicates imparties aux sociétés et aux pays, du
fait des progrès que connaît le monde et des mutations
rapides qui marquent la civilisation humaine, et ouvrent des
horizons et des opportunités sans précédent, tout en
impliquant l'impératif de préparation judicieuse de la
jeunesse pour qu'elle puisse s'y adapter, progresser à leur
diapason et en tirer profit, aux fins d'y être un élément
influent et de la prémunir contre les risques potentiels de
déracinement, de déséquilibre et de perte de conscience de
son identité; d'autant que, pour ce qui est de notre
identité, nous nous sommes invariablement préoccupés d'en
préserver les attributs et, tout particulièrement, notre
langue arabe.
Nous exhortons les médias et, en particulier, les médias
audiovisuels, eu égard à leur large audience, à être les
premiers défenseurs de sa pureté et de sa vitalité.
Le devoir de préparer nos jeunes à vivre au diapason de leur
époque et de ses mutations, doit avoir pour complément
l'approfondissement en eux du sens patriotique, et le
renforcement de l'esprit d'appartenance à la Tunisie et de
responsabilité envers le pays, d'abord et avant tout, en
percevant le zèle à son service comme étant un devoir sacré
et une priorité absolue. Les jeunes sont le pilier du
Changement, son élan toujours renouvelé et son esprit
toujours en alerte. C'est pour eux que nous œuvrons, c'est
avec eux que nous réfléchissons et c'est grâce à eux que
nous construisons l'avenir.
Jeunes de Tunisie,
Je vous avais invités au dialogue et vous y avez pris part
avec enthousiasme. Vous vous êtes dotés d'un pacte dans
lequel vous avez mentionné les valeurs qui vous unissent et
les principes qui guident vos actions.
Ce pacte que vos organisations et un aréopage de vos
représentants signeront, aujourd'hui, sera le vôtre, le
référentiel qui vous engage et le cadre qui vous rassemble.
En brandissant le slogan : ''La Tunisie, d'abord'', ce Pacte
honore l'histoire prestigieuse de notre pays, unifie ses
énergies et garantit son devenir.
C'est là une occasion que je tiens à mettre à profit pour
vous remercier, une fois de plus, de votre message qui m'a
profondément touché, tant j'y ai pris la mesure de votre
profonde fidélité, de votre patriotisme sincère, de votre
allégeance à la Tunisie et de votre forte volonté et de
votre ferme détermination à aller toujours de l'avant. Je
suis confiant en la jeunesse tunisienne, toutes catégories
confondues, cette jeunesse éduquée et lucide, ouverte,
solidaire et engagée au service de la gloire de la Tunisie.
Cette jeunesse est étroitement attachée aux acquis de la
patrie, soucieuse de préserver sa modernité et fière de ses
spécificités. Une jeunesse qui s'emploie à donner de son
pays une image rayonnante et à conforter sans relâche son
prestige.
Une jeunesse qui croit en la liberté et en l'opinion
différente. Une jeunesse qui participe, avec responsabilité
et assurance, à la construction de la démocratie et du
pluralisme.
Vous avez voulu faire de ce dialogue un choix intangible. Il
le sera désormais. Nous œuvrerons à en consolider les canaux
et les moyens, et à les ouvrir à tous les jeunes de Tunisie,
à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Ce dialogue est, en
effet, une illustration concrète de l'exercice de la
citoyenneté, qui est un vecteur de progrès pour la société
et de gloire pour la patrie.
J'appelle, à cet égard, à promouvoir nos structures de
jeunesse et à les adapter aux nouvelles spécificités de nos
jeunes. Ainsi, l'indicateur de scolarisation de nos jeunes
est en constante progression. Leur place dans la vie
économique se renforce. Leur dynamisme s'accentue, à
l'intérieur et à l'extérieur de la Tunisie. Leur
connaissance des événements qui se produisent dans le monde
et des développements internationaux ne cesse de s'élargir,
au diapason de l'évolution de la mondialisation et de la
densité des connexions, à travers les chaînes satellitaires,
les réseaux électroniques, etc.
Le monde d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier. Les jeunes
d'aujourd'hui ne sont pas, non plus, ceux d'hier. D'où
l'impératif d'approfondir la réflexion concernant la
conformité de nos organismes de jeunesse aux exigences de
l'époque présente.
A cette fin, nous ordonnons d'entamer l'élaboration d'une
stratégie en matière de politique de jeunesse, pour la
période 2009-2014, permettant d'identifier les objectifs
futurs et d'harmoniser davantage les activités sectorielles
destinées aux jeunes, en procédant à une ventilation
adéquate des financements, en conformité avec les priorités
à venir, en prenant en considération les suggestions
avancées par les jeunes, au cours de ce dialogue, et en
ouvrant la voie à une participation plus large à la vie
associative et politique.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous avons instauré notre politique sur la corrélation entre
le développement, la démocratie et les droits de l'homme,
ainsi que sur la prospection de l'avenir et l'adéquation
entre la conjoncture prédominante et les moyens disponibles.
Nous avons aussi veillé à assurer la participation de
l'ensemble des parties, des organisations et des composantes
de la société civile, à toutes les questions qui concernent
notre société et notre pays. Et nous continuerons à œuvrer à
consacrer cette démarche et à en élargir les domaines, sur
la base du respect de notre référentiel national et de la
primauté de l'intérêt de notre peuple.
L'orientation moderniste de notre projet civilisationnel est
un choix irréversible, qui puise son essence dans la pensée
réformiste éclairée, prend appui sur les choix et les acquis
historiques de notre peuple et procède de notre attachement
à ce que la Tunisie demeure un symbole de progrès et
d'évolution, et le prolongement de son glorieux patrimoine
civilisationnel.
Notre adhésion à la modernité est en complémentarité avec
notre attachement aux attributs de notre identité nationale
et à nos spécificités civilisationnelles, aux fins de
permettre à notre peuple d'être constamment en phase avec
son époque, au diapason du courant du progrès, sans
aliénation ni dissolution, et ancré dans son identité, sans
repli sur soi ni fanatisme.
Nous avons grandi dans l'attachement à la Tunisie. Et c'est
au service de sa gloire et de la dignité de son peuple, que
nous œuvrons et nous consentons des sacrifices. Elle est,
pour nous, au-dessus de toute autre considération. C'est à
elle seule que nous devons allégeance, et c'est à la mémoire
de ses martyrs et à eux seuls que nous devons fidélité.
Notre unique finalité est de l'élever aux plus hautes cimes
de la gloire.
Les difficultés ne nous empêcheront pas de poursuivre notre
œuvre de réforme et de construction, avec un esprit de défi
et la volonté de gagner les paris engagés.
Ayant consacré notre vie à servir le pays et à rehausser son
prestige, nous renouvelons à notre peuple notre engagement à
continuer à accomplir cette mission sacrée, en ayant pour
références les principes et l'esprit impérissable du
Changement et en prenant appui sur l'adhésion des
Tunisiennes et des Tunisiens à notre politique, et sur leur
foi en nos choix.
Vive la Tunisie, fière et invulnérable à jamais !".