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Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali à l'ouverture de la campagne électorale

11/10/2009-- Le Président Zine El Abidine Ben Ali a présidé, dimanche, un meeting populaire à l'occasion du démarrage de la campagne électorale pour les élections présidentielle et législatives de 2009.Il a, à cette occasion, prononcé à l'adresse du peuple tunisien un discours dont voici le texte :

"Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Citoyennes,
Citoyens,
A l'intérieur et à l'extérieur de notre chère Tunisie,
Avec la grâce de Dieu, nous inaugurons, en ce jour, la
campagne pour les élections présidentielle et législatives,
renouvelant ainsi l'engagement que nous avions pris envers
notre peuple, le jour où nous avions sauvé le pays, le 7
Novembre 1987 à un engagement de fidélité au souvenir du
sang versé par les martyrs à un engagement en faveur du don
de soi et du labeur au service de la patrie, pour que la
Tunisie demeure libre et invulnérable et pour que son peuple
jouisse de la dignité et du respect dans le concert des
nations.
Les élections sont un titre de maturité et de civilisation,
en même temps que l'une des manifestations de la
souveraineté du peuple et une expression élevée de la
pratique démocratique et de la conscience des devoirs et des
droits du citoyen.
En préparation du scrutin du dimanche 25 octobre, nous nous
sommes préoccupés d'assurer à ces élections toutes les
garanties de transparence et de loyauté.
Nous avons donné à tous les ressortissants des pays frères
et amis qui en ont exprimé le souhait, la latitude de suivre
le déroulement du scrutin.
Nous avons, en outre, mis en place un Observatoire national
des élections, pour en contrôler les étapes, composé de
personnalités connues pour leur compétence, leur intégrité
et leur indépendance.
Ces élections constituent une nouvelle occasion pour
conforter la pluralité des candidatures à la présidentielle
et la diversité des obédiences politiques dans les listes
des candidats à la Chambre des Députés.
Une fois de plus, les Tunisiennes et les Tunisiens
administrent la preuve qu'ils sont dignes d'une vie
politique évoluée et qu'ils restent attachés à un
comportement civilisé, dans le respect de la loi et des
valeurs de démocratie.
Je tiens à exprimer, en cette circonstance, mes meilleurs
remerciements à tous ceux qui ont apporté leur appui à ma
candidature qu'il s'agisse des organisations nationales, des
composantes de la société civile et des partis politiques,
ou des citoyennes et des citoyens, de toutes catégories
sociales et régions et de l'extérieur, et en premier lieu,
les militantes et les militants du Rassemblement
Constitutionnel Démocratique, ce parti prestigieux au passé
glorieux, le parti de la lutte, de la libération, de
l'édification et du Changement.
C'est à ce parti que nous avons confié la mission de guider
la marche de notre pays, le parti de toutes les Tunisiennes
et de tous les Tunisiens, de toutes les générations et de
toutes les régions, le parti dont nous sommes fiers
d'assumer la présidence qui est, pour moi, un honneur en
même temps qu'une responsabilité historique.
Nous sommes confiants que le Rassemblement Constitutionnel
Démocratique sera, comme il l'a toujours été, au rendez-vous
pour répondre aux aspirations et ambitions de notre peuple.
Nous sommes, également, confiants en les forces vives qui
nous ont soutenu et adhéré à nos orientations, confiants
qu'elles nous seront du meilleur appoint pour nous permettre
de relever les défis et de concrétiser nos ambitions.
Nous sommes fiers de cette confiance qui est placée en nous
et conscients de l'ampleur de la responsabilité dont nous
sommes investis.
Nous sommes déterminés à déployer un surcroît d'efforts et
de labeur pour accumuler les réalisations et enrichir les
acquis accomplis pour la Tunisie, tout au long de plus de
deux décennies de réforme, de promotion et de modernisation.
Depuis le Changement, notre pays a franchi des pas sans
précédent sur la voie de la construction démocratique
pluraliste, du renforcement des institutions de la
République, de la consolidation des fondements de l'Etat de
droit et de la protection des droits de l'homme.
Notre pays a, également, parcouru des étapes majeures sur le
chemin du développement intégral, qui l'ont hissé aux
premiers rangs des pays émergents, confortant ainsi sa
crédibilité dans son environnement extérieur et auprès des
diverses institutions internationales et structures
mondiales spécialisées en matière d'évaluation et de
notation.
Nous avons réalisé les objectifs que nous avions fixés en
2004, dans notre «Programme pour la Tunisie de demain», et
au nombre desquels figure le relèvement à plus de 5.000
dinars du revenu moyen par tête d'habitant alors qu'il
n'était que de 3.500 dinars environ, voici cinq ans.
Nous avons oeuvré à promouvoir la qualité de vie du citoyen,
dans les villes, dans les campagnes et partout ailleurs, ce
qui a porté à 75 ans l'espérance de vie à la naissance,
aujourd'hui, contre 67 ans seulement au début du Changement,
soit une évolution qui compte parmi les plus élevées au
monde, avec une moyenne d'augmentation de près de deux ans
par quinquennie.
Le volume des transferts sociaux a plus que sextuplé depuis
1987, portant la part des dépenses et transferts sociaux à
61 pc du budget de l'Etat.
Le taux de pauvreté est tombé, quant à lui, à moins de 4 pc,
tandis que se renforçait la classe moyenne qui représente, à
nos yeux, un puissant facteur d'équilibre de notre société
et de cohésion du tissu social.
Dans le même temps, les indicateurs des conditions de vie
ont atteint des niveaux élevés.
Ces acquis constituent un motif de fierté pour toute
Tunisienne et tout Tunisien, et font l'objet d'un grand
respect et d'éloges dans les instances internationales, tant
ils répondent à l'indice global de développement humain
appliqué par les Nations Unies, et qui groupe les divers
éléments relatifs à la santé, à l'enseignement, aux
connaissances acquises, au revenu et à la qualité de la vie.
Nous avons veillé, depuis le Changement, à conforter de
manière permanente notre politique et nos programmes
nationaux dans ce domaine, ce qui a valu à la Tunisie d'être
classée comme étant le meilleur pays au monde quant à
l'évolution de l'indice de développement humain depuis l'an
2000. Ce qui l'habilite à réaliser les objectifs du
millénaire des Nations Unies pour le développement.
Ces résultats sont le fuit d'une stratégie globale de
développement dans laquelle nous avons accordé aux principes
de corrélation entre les dimensions sociale et économique,
d'équilibre entre les régions et de solidarité entre les
diverses catégories sociales une place fondamentale.
A la faveur de cette politique, nous avons pu préserver les
équilibres globaux de l'économie nationale, en maîtrisant le
déficit du budget de l'Etat tout autant que le déficit
courant, le taux d'endettement et le service de la dette,
qui n'a pas dépassé 7,8 pc en 2008.
Nous nous sommes préoccupés de diversifier la base
économique du développement.
Dans le même temps, la Tunisie parcourait des étapes
importantes en direction de l'ouverture à l'environnement
économique extérieur.
Notre démarche s'est poursuivie par la consécration des
objectifs que nous avions fixés pour l'édification de la
société du savoir, la promotion de la recherche scientifique
et de l'innovation technologique, et le développement du
système éducatif et de formation, en vue de renforcer sans
cesse les aptitudes de nos ressources humaines et
d'atteindre le niveau des pays développés, dans ces
domaines.
Aujourd'hui en Tunisie, la femme représente près de 26 pc de
la population active et occupe 23,5 pc des postes
fonctionnels.
En outre 22,8 pc des membres de la Chambre des Députés et
27,7 pc des membres des conseils municipaux sont des femmes.
Par ailleurs, notre pays compte quelque 18 mille femmes
d'affaires.
Il n'est point fortuit que la part de la femme dans la
moisson de notre politique économique et sociale soit si
remarquable.
En effet, nous avons pu obtenir ces résultats et acquis à la
faveur d'une approche réformiste globale que nous avons
adoptée et dans laquelle nous avons accordé une place
essentielle à la promotion des droits de la femme et à
l'extension de leur champs d'application.
La condition féminine dans notre pays est un modèle unique
dans notre région.
Autant nous en sommes fiers, autant nous tirons orgueil de
la femme tunisienne, de sa maturité, de sa conscience des
enjeux en cours, de sa persévérance dans le labeur et de sa
participation active à la marche du pays sur la voie de
l'avenir.
Nous avons la ferme conviction que cette progression ne
pourra réussir sans l'apport de la femme.
Aussi l'un des objectifs les plus importants de l'étape à
venir consistera-t-il à renforcer encore et toujours la
présence de la femme dans les postes de décision, de manière
à la porter à 35 pc au minimum, au lieu de 30 pc à l'heure
actuelle.
Dans cette perspective, nous lui offrirons des opportunités
accrues et des perspectives plus vastes, dans les divers
domaines.
Nous sommes fiers de nos jeunes qui font preuve, chaque
jour, d'un surcroît de réussite et d'excellence, dans les
domaines académique et scientifique, comme dans les
disciplines sportives et les divers domaines de l'innovation
et de la créativité, ou encore, dans la participation à la
vie publique et au processus de développement de notre pays.
La jeunesse est la clef de la réussite et le garant de la
concrétisation des aspirations de notre peuple à un surcroît
d'évolution et de progrès. C'est là ce qui nous incite à
déployer davantage d'efforts et à diversifier les
programmes, les politiques et les procédures en vue de
relever les défi de l'emploi et de gagner le pari de
l'utilisation optimale de ces potentialités nationales
naissantes, pour assurer la prospérité de la Tunisie et le
bien-être de son peuple.
Nous ne ménagerons aucun effort pour promouvoir au mieux la
condition de nos jeunes, dans tous les domaines, en oeuvrant
constamment à enraciner en eux les valeurs patriotiques,
l'attachement à la Tunisie, le sens du sacrifice au service
de la patrie et de l'allégeance à sa seule bannière, tout en
éveillant en eux le sens du civisme, en les initiant à la
culture du volontariat, en les encourageant à s'intéresser à
la chose publique, et en nous attachant à les prémunir
contre les risques de comportement contraire aux bonnes
mœurs, d'égarement dans les dédales de l'extrémisme et du
fanatisme ou dans les gouffres de la déculturation, et à
agir sans cesse en vue de les imprégner des valeurs
d'ouverture, de tolérance et de dialogue.
Nous oeuvrerons à consacrer le dialogue permanent avec les
jeunes, aux niveaux national et régional, à continuer d'être
en permanence à l'écoute de leurs préoccupations, de leurs
pôles d'intérêt de leurs ambitions, et à élargir leur
participation aux structures régionales et locales, outre
les mesures et initiatives que nous prendrons en leur
faveur, dans les domaines de l'emploi et de l'encouragement
de l'initiative et de l'investissement, tout comme dans les
domaines de l'éducation et de la formation, des sports, de
la culture et des loisirs.
Citoyennes,
Citoyens,
Les élections constituent une opportunité périodique que
tout système démocratique offre pour la présentation des
points de vue des partis politiques et des programmes de
leurs candidats, afin que l'électeur sache fixer son choix,
et que la compétition se déroule sur la base de programmes
et stratégies auxquels l'opinion publique choisit d'adhérer
dans la mesure où ils lui paraissent fiables et conformes à
ses aspirations et ambitions.
Aujourd'hui, nous nous présentons à notre peuple en lui
proposant un nouveau programme pour lequel nous avons choisi
pour slogan : "Ensemble relevons les défis".
Conçu pour les cinq années à venir (2009-2014), ce Programme
prépare, en outre, le terrain pour les étapes ultérieures,
qui s'étendront jusqu'à la fin de la prochaine décennie et
au-delà.
Ce programme, nous l'avons élaboré à la lumière des acquis
et réalisations accomplis ainsi que des réalités et des
possibilités du pays.
Nous en avons tracé les perspectives à la lumière de la
conjoncture mondiale actuelle et des défis à venir.
C'est un programme dont les objectifs majeurs sont un
surcroît de bien-être et de prospérité pour notre peuple et
l'accession au rang des pays développés.
Il s'agit d'un programme en vingt-quatre points que nous
oeuvrerons à réaliser dans les délais qui leur sont
impartis, tout comme nous avons réalisé en commun nos
précédents programmes électoraux dont le dernier en date
aura été notre "Programme pour la Tunisie de demain
(2004-2009)".
Nous y avons réussi grâce à la confiance des Tunisiennes et
des Tunisiens en notre projet, à leur soutien unanime à nos
choix, à leur adhésion à nos orientations, à leur
application à l'action, au labeur et à la créativité, à leur
foi en nos possibilités nationales et à leur optimisme quant
à l'avenir.
Nous voici à l'orée d'une nouvelle étape, animés de la même
confiance, de la même foi et du même optimisme, prenant en
considération les difficultés générées par la crise
financière et économique mondiale, conscients des situations
et des données sans précédent qui en ont découlé, et résolus
à en surmonter les effets, tout comme nous l'avions fait
lors des périodes précédentes, en faisant face aux
difficultés rencontrées par notre pays, tant au niveau des
développements de la conjoncture mondiale qu'à ce lui des
prix des hydrocarbures et des matières premières, ou encore
du fait des récentes variations climatiques et de leur
retombées périodiques.
L'économie tunisienne ouverte sur l'extérieur, la Tunisie
n'est pas restée à l'abri des effets de la crise financière
mondiale.
Et même si notre système financier national n'a pas été
affecté de manière significative par cette crise, grâce à
nos choix, à notre politique financière prudente, les
rapports que nombre de nos entreprises exportatrices
entretiennent avec les secteurs les plus touchés par la
crise, au niveau mondial et tout particulièrement en Europe,
et les retombées de la crise mondiale ont pu limiter le taux
de croissance du PIB en 2009 et avoir leur impact sur une
partie de l'emploi dans ces entreprises.
Toutefois, notre réaction rapide et les mesures que nous
avons prises ont permis à notre pays de préserver les
emplois, de poursuivre l'investissement et la création
d'emplois, ce qui a conforté la réputation de la Tunisie
comme pôle attractif des investissements étrangers et dont
plusieurs sont entrés en phase de réalisation au cours des
mois écoulés.
Aujourd'hui que nous observons quelques signes de relance
dans nombre d'économies développées, nous sommes confiants
en la capacité de notre pays de retrouver des niveaux de
croissance plus élevés, dès les premières années de la
période à venir, et de poursuivre notre œuvre d'édification
et nos réalisations, en vue d'atteindre nos grands objectifs
nationaux.
Cette étape qui comporte de nombreux objectifs qualitatifs
grâce auxquels nous entendons consacrer notre vision des
priorités futures, dans des domaines qui vont revêtir une
grande importance dans le développement des nations et leurs
progrès, tels que l'économie de l'environnement, les
sciences et les technologies nouvelles, la recherche
scientifique, les nouveaux processus de travail et de
production, les services à haute valeur ajoutée, ainsi que
dans d'autres secteurs vitaux pour les générations futures,
comme les énergies nouvelles et renouvelables, les
politiques de l'eau et la maîtrise des techniques de
dessalement.
Dans ces objectifs qualitatifs résident les principaux défis
futurs, c'est pour les relever que nous allons travailler et
c'est grâce aux capacités de notre peuple, à notre
persévérance, à notre détermination et à notre opiniâtreté
que nous gagnerons le pari.
Citoyennes,
Citoyens,
Le processus de démocratisation progresse avec assurance
dans notre pays, et il est irréversible.
Ensemble, nous avons consacré la concorde nationale, dans le
contexte du respect du droit à la différence et de nos
valeurs communes, de la fidélité à la Tunisie et à elle
seule, et de la primauté de son intérêt supérieur par
rapport à toute autre considération.
Nous avons consacré la consultation et le principe de
participation en tant que confluents du système de pouvoir,
et ferons en sorte que la période à venir soit marquée par
un plus grand soutien de l'Etat aux partis politiques, à
leurs organes d'expression et à la presse d'opinion, en
général.
Nous oeuvrerons, également, à la consolidation des
fondements de la démocratie locale et à élargir les domaines
de partenariat entre l'Etat et la société civile.
Dans ce contexte, nous offrirons aux jeunes une structure
plus large à travers laquelle ils pourront apporter leur
concours à cette dynamique et y adhérer, et ce, par la
création d'un Parlement pour les jeunes, qui sera une
institution consultative contribuant à enraciner l'esprit de
citoyenneté auprès de notre jeunesse et à les associer aux
affaires publiques et à la vie politique.
L'information libre et pluraliste étant l'un des corollaires
essentiels d'un système de bonne gouvernance, nous nous
sommes préoccupés de promouvoir l'information, d'améliorer
la condition de ceux qui y travaillent, de leur faciliter
l'accès aux sources de l'information, et de faire évoluer
leurs performances, à la faveur de la formidable révolution
médiatique, et dans le cadre de la transparence, de la
clarté et du respect de l'éthique de la profession.
Au cours de la période à venir, nous oeuvrerons à déployer
un surcroît d'efforts en vue de promouvoir et de diversifier
les performances des médias, afin qu'ils soient l'expression
fidèle des préoccupations de la communauté nationale et
reflètent le pluralisme intellectuel et politique, qu'ils
traitent des divers thèmes, avec davantage d'audace, dès
lors qu'en Tunisie et dans les thèmes et dossiers abordés
par les médias, il n'existe pas de tabous, hormis ce qui
contrevient aux règles fixées par la loi et à l'éthique
professionnelle.
Dans ce cadre, nous oeuvrerons à doter le Conseil Supérieur
de la Communication de prérogatives plus larges, en lui
octroyant des compétences nouvelles tout en continuant à
promouvoir les métiers du journalisme et à améliorer la
condition du journaliste.
Conscients de l'importance du rôle de l'Administration dans
la consécration de la bonne gouvernance, nous nous
emploierons à y renforcer les attributs de la transparence,
et à promouvoir davantage ses relations avec le citoyen, à
travers le parachèvement du programme de l'administration
électronique, et le renforcement du taux des prestations à
distance, de manière à en réduire les coûts et à en
accroître l'efficience.
Quant aux droits de l'homme, nous leur avons accordé, dès le
début du Changement, une place prépondérante dans notre
projet civilisationnel. Nous avons oeuvré à les protéger, à
en propager la culture et à inclure leurs principes et leurs
valeurs dans le texte de la Constitution.
Nous nous sommes, également, préoccupés en permanence de
promouvoir les législations, les institutions et les
structures qui s'y rapportent, et de soutenir la société
civile qui s'active dans leurs domaines, tant nous avons la
conviction que les droits de l'Homme ne peuvent être perçus
que dans le cadre d'une vision globale et équilibrée.
Nous continuerons à faire progresser, au cours de la période
à venir, le système de protection des droits de l'Homme.
Nous nous proposons, en effet, de créer un régime pénal
spécifique pour les jeunes âgés de 18 à 21 ans,
d'uniformiser l'âge de la majorité civile, et de créer des
instruments juridiques appropriés pour protéger l'enfant et
prendre en compte sa situation particulière, au cours de
l'enquête, de l'instruction et du procès.
En outre, nous introduirons certains amendements législatifs
en vue de faciliter aux Tunisiens résidant à l'étranger le
recours devant les tribunaux tunisiens, en plus de la
création d'une nouvelle institution, celle du "Conciliateur
familial", appelé à intervenir dans les litiges relatifs au
statut personnel.
Citoyennes,
Citoyens,
La société tunisienne a connu, au cours des deux décennies
écoulées, des mutations majeures, du fait de l'évolution qui
distingue sa structure politique, économique et sociale,
depuis le Changement. Nous avons oeuvré constamment à
consolider les facteurs de l'équilibre, de la cohésion et de
l'interaction des diverses catégories et régions, et à
assurer la protection sociale à l'individu et à la famille,
afin que chacun puisse assumer pleinement son rôle au sein
de la société et accomplir ses devoirs de citoyen.
Au cours des cinq prochaines années, nous nous emploierons à
nous rapprocher de la couverture sociale universelle en
portant son taux à 98% en l'an 2004, tout en la
généralisant, afin qu'aucune profession ne reste hors du
régime de sécurité sociale.
En outre, nous mobiliserons des incitations et des
programmes à l'effet d'atteindre le taux de 90% de ménages
tunisiens propriétaires d'un logement, contre 80%, à l'heure
actuelle.
Nous concentrerons notre attention sur l'aide aux catégories
les moins nanties, afin de continuer à réduire le taux de
pauvreté, et sur le renforcement de l'encadrement social, en
vue d'atteindre le pourcentage d'un expert sociologue pour
six mille habitants, tout en continuant à développer les
programmes de prévention des handicaps et d'assistance aux
catégories sociales vulnérables, pour faciliter leur
insertion dans la vie active.
Nous comptons sur la persévérance de tous, dans les divers
domaines, et sur les structures concernées pour hisser
l'indicateur de développement humain au niveau des pays
ayant un indicateur de développement humain élevé.
Nous oeuvrerons à améliorer le revenu moyen par habitant, en
l'augmentant de 40%, de telle sorte qu'il atteigne sept
mille dinars, en 2014.
En outre, nous continuerons de pratiquer la politique de
dialogue social que nous avons adoptée depuis le début du
Changement, et veillerons à majorer les salaires de manière
continue, dans le cadre du respect des exigences de la
compétitivité de notre économie, et dans le contexte de la
coopération et du consensus avec tous les partenaires
sociaux, en tablant sur leur conscience des réalités
nationales et internationales et de l'impératif de la
sauvegarde des intérêts supérieurs de notre pays.
Nous consoliderons ces orientations en renforçant la
protection du consommateur, à travers l'octroi de
prérogatives plus larges au Conseil de la concurrence,
l'attribution d'un rôle plus important à l'Institut National
de la Consommation, la mise en place d'un programme plus
efficace du consommateur, dans le domaine des services, et
l'établissement d'un système moderne et cohérent d'alerte
précoce, concernant les produits alimentaires.
Dès lors que nous voyons en la famille, avec ses diverses
composantes, le facteur essentiel de la stabilité et de
l'équilibre de la société, nous ordonnerons d'entreprendre
une étude prospective des mutations sociales en vue de mieux
connaître les contours et les principales caractéristiques
de la famille de demain, et cela dans le but d'assurer une
interaction judicieuse avec les mutations attendues, de
manière à sauvegarder l'intégrité de notre tissu social et à
préserver la cohésion de la famille tunisienne et les
attributs de notre identité civilisationnelle.
Etant donné que nous considérons que la santé est un droit
fondamental et un facteur agissant de la qualité de la vie,
nous oeuvrerons à mettre en place un système sanitaire
évolué et à améliorer la qualité des prestations sanitaires
et le rendement des institutions hospitalières et de santé,
à développer les instruments de veille sanitaire et à mettre
en place les capacités et moyens permettant de faire face
aux risques afférents aux maladies nouvelles et aux
pandémies récurrentes. Nous nous emploierons à réaliser un
taux de rentabilité économique plus élevé du secteur de la
santé.
Les Tunisiens établis à l'étranger bénéficient, comme à
l'accoutumée, d'une place privilégiée dans notre programme
électoral. Nous oeuvrerons à renforcer les canaux de
communication avec eux et à moderniser le système adopté
pour la gestion de leurs affaires, en tenant compte des
mutations démographiques et culturelles intervenues dans la
composition de notre colonie à l'étranger.
C'est dans cette optique que nous établirons un programme en
vue de créer, sous la dénomination de "Maison de Tunisie" un
réseau de centres culturels couvrant les capitales
étrangères les plus importantes, et destinés à faire
connaître l'image radieuse de notre pays, son patrimoine et
les chefs-d'oeuvre de ses filles et de ses fils, l'objectif
étant de faire de ces centres autant de traits d'union
intellectuels et artistiques avec nos concitoyens dans leurs
pays de résidence, de même qu'avec les amis de la Tunisie et
les créateurs et compétences installées à l'étranger.
Citoyennes,
Citoyens,
L'emploi restera le défi le plus urgent de l'étape à venir
et continuera de bénéficier de la priorité absolue dans nos
préoccupations. Nous lui avons accordé une place importante
dans notre programme, en lui consacrant pas moins de vingt
décisions, outre les mesures indirectes destinées à
faciliter les créations d'emplois et le lancement
d'entreprises, à encourager les investissements et
l'initiative et à moderniser la politique de formation et
d'insertion professionnelles.
Au cours du prochain quinquennat, notre devise sera la
suivante : aucune famille tunisienne sans travail ou sans
source de revenus pour, au moins, l'un de ses membres, au
terme de l'année 2014.
Nous oeuvrerons à couvrir la demande additionnelle
d'emplois, pour les cinq années à venir, en créant 425 mille
emplois, de manière à réduire d'un point et demi le taux de
chômage, au terme de cette période. Nous multiplierons les
programmes de formation et d'insertion professionnelles,
afin qu'il n'y ait aucune attente d'une durée supérieure à
deux ans, pour obtenir un emploi, un stage ou une formation
qualifiante à la fin des études, au terme de l'année 2014.
Les secteurs du service civil, de l'économie solidaire et
des métiers de proximité, qu'ils soient connus ou innovants,
auront un rôle agissant dans la réalisation de ces
objectifs.
Nous mettrons en place un nouveau cadre juridique qui
instituera une nouvelle catégorie de promoteurs de petits
projets, sous l'appellation de "promoteur individuel",
caractérisé par un régime simplifié et libéral en matière
fiscale et des cotisations à la sécurité sociale. Nous
conforterons ce cadre en relevant de 50% le plafond des
crédits accordés par la Banque Tunisienne de Solidarité et
en augmentant le plafond des microcrédits octroyés par les
associations de développement.
Nous comptons sur la conjonction des efforts de tous pour
concrétiser ces mesures et initiatives, afin d'atteindre nos
objectifs et d'ouvrir plus larges les portes de l'espoir
devant toutes les catégories de jeunes qui cherchent à
entrer dans la vie active, dans les divers domaines et
spécialités, et de tous les niveaux d'enseignement et de
formation.
Nul doute que des objectifs aussi ambitieux commandent une
mutation qualitative majeure de notre approche du
développement et de l'investissement, pour relever le défi
de la construction de l'économie nouvelle, et habiliter
notre pays à accéder à brefs délais au rang de pays
développé.
C'est pourquoi nous nous proposons d'entreprendre une
révision radicale de notre approche en matière d'incitations
à l'investissement et à la création d'entreprises, en vue
d'instaurer la complémentarité et l'interdépendance entre
trois éléments essentiels, à savoir, en premier lieu, le
renforcement de nos orientations actuelles en matière
d'incitation à l'investissement dans les zones de
développement de l'intérieur, en deuxième lieu, l'incitation
à l'investissement dans les secteurs prometteurs, à fort
contenu en savoir et en technologie, et "amis de
l'environnement", et ce, indépendamment de la région où cet
investissement est réalisé, et en troisième lieu,
l'orientation des entreprises vers les investissements dans
le savoir et dans les nouvelles technologies, en vue
d'améliorer leur système de production et de services, pour
renforcer leur rentabilité et leur compétitivité, tout en
encourageant à la combinaison de ces trois éléments.
C'est ce qui permettra de concentrer davantage les efforts
sur l'amélioration du niveau de productivité, afin que
celle-ci contribue, dans la proportion d'au moins 50%, à la
croissance du Produit Intérieur Brut, comme nous l'avons
spécifié dans notre Programme.
Nous continuerons de promouvoir le climat des affaires et de
simplifier les procédures du commerce extérieur, de manière
à pouvoir opter pour une structuration sectorielle et
géographique de l'exportation qui soit plus équilibrée et
plus efficiente.
Nous renforcerons notre option en faveur du parachèvement de
la libéralisation totale du commerce extérieur, à travers la
réalisation d'une plus grande conformité avec les
tarifications internationales, tant au niveau des taux que
du nombre, tout en continuant à libéraliser l'investissement
extérieur dans de nombreux secteurs.
Nous nous proposons de consacrer à l'artisanat et aux
métiers artistiques, un vaste complexe commercial moderne,
ouvert à l'innovation et à la créativité, et dédié à la
valorisation de la richesse culturelle nationale, et cela à
travers la création d'une "Cité de l'Artisanat et des
Métiers d'art", outre la généralisation des "Villages des
Métiers de l'artisanat", dans tous les Gouvernorats de la
République, et la création d'un espace spécifique pour tout
produit d'artisanat spécifique à une zone ou une région.
Citoyennes,
Citoyens,
L'un des attributs de l'édification de l'économie nouvelle
est qu'elle soit à haut contenu technologique, innovante,
économe en énergie et amie de l'environnement. Nous voulons
que, dans ce domaine, nos entreprises économiques soient
aptes à l'innovation, ouvertes à la créativité, adoptant des
modes de production propre qui contribuent à la préservation
de l'écosystème, respectent les normes écologiques, soient
économes en énergies et utilisent les énergies nouvelles et
renouvelables.
C'est pourquoi nous oeuvrerons à nous rapprocher du taux de
1/3 des crédits de la recherche scientifiques alloués aux
domaines de l'innovation et du développement technologiques.
Au cours de la période à venir, nous inciterons nos grandes
entreprises à consacrer 1% de leur chiffre d'affaires, au
financement de la recherche et du développement, et à
déployer un surcroît d'efforts pour que nous ayons, au
minimum, 700 entreprises supplémentaires, titulaires de
certificats de conformité aux normes internationales, à
l'horizon de l'année 2014.
Nous renforcerons, en outre, les mécanismes
d'accompagnement, pour les nouveaux promoteurs, dans les
pépinières d'entreprises et les centres d'affaires, en
instituant un nouveau corps de métier, dénommé :
"accompagnateurs des promoteurs de projets" (coaching).
Compte tenu de la place stratégique que le secteur de
l'énergie occupe dans nos plans de développement, nous nous
préoccuperons de réaliser notre sécurité énergétique et
l'exploitation rationnelle de nos ressources nationales et,
en premier lieu, celle du gaz naturel, en portant à 800
mille à l'horizon 2014, contre 530 mille, à l'heure
actuelle, le nombre des abonnés, en installant 1.400
kilomètres supplémentaires de conduites de gaz naturel, et
en raccordant, au réseau du gaz naturel, 75 nouvelles
villes, d'ici la fin de l'année 2014.
Nous continuerons d'œuvrer à la rationalisation de la
consommation d'énergie et au développement des énergies
nouvelles et renouvelables, considérées comme un choix
stratégique pour les deux décennies à venir, ainsi qu'à la
multiplication par cinq de leur part dans la consommation
totale d'énergie, avant la fin de l'année 2014.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous oeuvrons à faire de notre pays un pôle de services
bancaires et une place financière régionale. C'est pourquoi
nous nous emploierons à atteindre un niveau plus élevé dans
la qualité des services bancaires, à développer et à
diversifier les activités bancaires, et à améliorer les
services bancaires à distance (telebanking).
Nous encouragerons, en outre, la polarisation d'institutions
bancaires de notoriété internationale, à travers la
promotion de l'activité bancaire non résidente (offshore).
Dans le même temps, nous inciterons les banques tunisiennes
à une plus grande présence sur les places extérieures et à
créer des pôles bancaires agissants, sur le marché national.
Notre voeu est que la contribution des services bancaires au
Produit Intérieur Brut, atteigne 5% à la fin de l'année
2014.
Notre pays ayant parcouru des étapes importantes sur la voie
de la libéralisation du Dinar, en même temps que l'économie
nationale acquérait des aptitudes accrues à interagir avec
la conjoncture extérieure. Nous oeuvrerons à la réalisation
de la convertibilité totale du Dinar, avant la fin de
l'année 2014, et à la révision du Code de change pour
accompagner cette évolution.
Dans le domaine de la politique financière et fiscale, nous
poursuivrons, au cours de la période à venir, la réduction
des taxes douanières et la réduction du nombre de taux en
vigueur.
Dans cette optique, il sera procédé à la révision du système
fiscal, à la lumière des évolutions survenues dans le monde,
et cela dans les pays partenaires et concurrents, en
réduisant la pression fiscale sur l'entreprise, au titre de
l'impôt sur les bénéfices ou de certains éléments du coût de
production, tout en adoptant des mesures parallèles au
niveau du système fiscal, pour préserver les équilibres
financiers de l'Etat. Il sera, également, procédé au
réexamen des modalités de restitution du trop perçu de la
taxe sur la valeur ajoutée (TVA) afin de les simplifier et
d'accélérer la cadence de traitement des dossiers.
Nous instituerons un régime fiscal spécifique pour les
petites et moyennes entreprises, fondé sur la révision du
régime forfaitaire et la généralisation de l'abattement
fiscal de 20% de l'assiette de l'impôt au profit des petites
entreprises qui adhèrent aux centres de gestion intégrés, et
cela pour une période de cinq ans, à compter de leur date
d'adhésion, tout en accordant aux petites et moyennes
entreprises, un abattement d'une part de l'assiette
imposable, pour leurs trois premières années d'activité,
suivant un taux qui passera graduellement de 75% à 50% puis
à 25%.
Nous oeuvrerons, en outre, à alléger la pression fiscale sur
les catégories sociales à revenu limité, et ce, en relevant
le plafond des revenus exonérés d'impôt, en augmentant le
montant de la déduction au titre des enfants porteurs de
handicap et des frais d'études dans l'enseignement
supérieur, et en déduisant du revenu imposable les intérêts
dus au titre des crédits au logement social.
Avant la fin de l'année 2014, nous offrirons, à toutes les
personnes physiques, la possibilité d'effectuer à distance
leur déclaration fiscale, et ce, outre la création de la
fonction de "Médiateur fiscal" qui aidera à la solution des
problèmes posés au sujet de la déclaration fiscale, avant
d'engager la procédure judiciaire.
Dans le but d'aménager les conditions les meilleures pour
favoriser la dynamique économique prônée dans nos
programmes, en vue de relever les défis, nous oeuvrerons à
développer une infrastructure moderne de communication,
conforme aux normes internationales, en réalisant deux
études stratégiques sur le long terme, la première portera
sur l'élaboration d'une carte nationale de l'infrastructure
et des grands équipements collectifs, tandis que la seconde
portera sur la conception d'un réseau bien étudié
d'autoroutes et de voies rapides concernant toutes les
régions et dont la réalisation s'étalera jusqu'en 2030.
La prochaine décennie sera axée sur l'objectif d'un total de
1.500 kilomètres d'autoroutes, qui établiront la liaison
complète entre les diverses régions du pays, du Nord au Sud
et de l'Est à l'Ouest.
Dans le domaine de l'infrastructure de communication, nous
nous emploierons à atteindre le chiffre d'un million
d'abonnés nouveaux au réseau Internet à haut débit, à offrir
une opportunité numérique à tous les ménages tunisiens et à
mettre en place la télévision numérique terrestre, avant la
fin de l'année 2014.
Les transports étant le nerf de l'activité économique, en
même temps qu'un important facteur de développement, nous
nous attacherons à relever le taux de croissance de ce
secteur et à accroître sa contribution au Produit Intérieur
Brut.
Dans le cadre du parachèvement de la modernisation des
équipements de transport aérien, du renforcement de la
compétitivité de ce secteur et de la dynamisation accrue de
son rôle de soutien à des secteurs essentiels, tels que le
tourisme et l'exportation.
Nous nous emploierons à réaliser la libéralisation totale
des airs, dans deux ans. Nous oeuvrerons, également, à
multiplier par deux, d'ici fin 2014, la part de notre flotte
nationale de transport maritime dans le transport des
échanges commerciaux avec l'extérieur, et à donner au
transport ferroviaire une place plus importante dans
l'activité économique nationale.
Citoyennes,
Citoyens,
Pour pouvoir relever les défis de l'avenir, il est devenu
impératif d'inclure le secteur de l'agriculture et les
changements climatiques, dans une approche stratégique qui
tienne compte des objectifs vitaux de nos programmes de
développement et mette à profit, de manière judicieuse,
toutes les potentialités naturelles de notre pays.
C'est à cette fin que nous entreprendrons des études
prospectives relatives au secteur de l'eau, jusqu'à
l'horizon 2050, et qui seront réalisées avant la fin de
l'année 2014. Nous mettrons, également, au point un plan qui
nous permettra d'atteindre un taux de mobilisation des
ressources en eau de 95%, au début de la deuxième moitié de
la prochaine décennie.
Nous nous emploierons à faire en sorte que la prochain
quinquennat soit le quinquennat de la complémentarité entre
la recherche scientifique et la production agricole, pour
servir nos objectifs stratégiques, et, en premier lieu,
l'autosuffisance en blé dur, vers la fin dudit quinquennat.
Compte tenu de la place privilégiée que nous avons accordée
dans nos choix, à la protection de l'environnement, en
accomplissant maints acquis et réalisations dans ce domaine,
nous élaborerons, au cours de la période à venir, une
approche moderniste de nos politiques en matière
d'environnement et de protection de nos richesses
naturelles, en prenant en considération l'évolution de la
prise de conscience dans le monde et dans notre pays, face à
l'importance déterminante de ce secteur pour l'humanité tout
entière, tout autant que pour le devenir de la vie sur
Terre.
Cette approche se fonde sur la réalisation de la sécurité
écologique au service du développement durable et de la
qualité de la vie, à travers l'établissement d'une carte
nouvelle et évoluée pour l'environnement et le développement
durable, fondée sur le concept de "district environnemental"
regroupant des régions ayant des spécificités similaires et
requérant les mêmes interventions, et cela outre la création
d'un observatoire pour chaque district environnemental,
l'élaboration d'un plan et de programmes particuliers les
concernant, et l'adoption des systèmes de la géographie
numérique pour calculer les indicateurs de "durabilité".
Comme je l'ai déjà dit précédemment, nous nous préoccuperons
d'atteindre, à l'horizon 2014, le nombre de 500 entreprises
économiques tunisiennes amies de l'environnement et
titulaires du certificat de conformité aux normes
internationales de l'environnement.
Nous renforcerons ces programmes en instituant le diagnostic
environnemental obligatoire pour les entreprises
industrielles les plus polluantes et en développant la
législation en vigueur, par la promulgation d'un "Code de
l'environnement", qui sera en phase avec tout ce qui a été
réalisé dans ce domaine, depuis que nous avons promulgué, en
1989, la première loi-cadre sur la protection de
l'environnement en Tunisie.
Ce sont là des efforts qui seront parachevés par l'action
que nous mènerons en vue de réaliser une plus grande
efficacité dans la lutte contre l'érosion et la
désertification, d'entamer l'application du programme
national de protection du littoral contre l'érosion marine
et de renforcer les potentialités nationales de lutte contre
les calamités naturelles et d'atténuation de leurs effets.
Le développement régional occupe, quant à lui, une place
centrale dans notre programme pour le prochain quinquennat.
Nous oeuvrerons, en effet, à rationaliser l'intégration des
diverses régions du pays et à renforcer leur
complémentarité, à travers une infrastructure de base
évoluée et des jonctions reliant l'Est et l'Ouest, le
Centre, le Nord et le Sud du pays, ce qui permettra à la
Tunisie de devenir un espace de développement homogène et
équilibré, nanti partout des mêmes avantages.
Nous élargirons les compétences des régions et consoliderons
leur rôle dans l'identification, la préparation, la
réalisation et la maintenance des projets à caractère
régional.
Ceci outre la consolidation des ressources financières
propres des conseils régionaux et la mise en place d'un
système régional de financement, le renforcement des
administrations et services régionaux en cadres de haut
niveau, et la multiplication des études stratégiques
relatives aux ressources non explorées dans les régions et
aux voies et moyens de les mettre en valeur.
Etant attachés à la mobilisation du maximum possible de
moyens propres permettant aux régions d'évoluer et de
s'épanouir, nous mettrons en place un système de
commercialisation pour chaque région, créerons le label
région pour ses produits et oeuvrerons à s'y intégrer le
tourisme culturel et écologique.
Nous élaborerons, en outre, une nouvelle génération de
programmes de développement urbain intégré au profit des
cités périurbaines, ainsi qu'un plan additionnel pour le
développement des zones frontalières, et un autre pour le
développement des zones limitrophes du Sahara. Nous
veillerons, également, à parachever l'exécution des
programmes de développement intégré au profit de 90
délégations prioritaires, totalisant une population de deux
millions 700 mille habitants.
Citoyennes,
Citoyens,
Notre système éducatif, toutes composantes confondues, est
l'un des instruments déterminants sur lesquels nous comptons
pour relever les défis de l'avenir et en gagner les enjeux.
Nous l'avons sans cesse entouré de notre sollicitude en vue
d'assurer sa réforme, son entretien et sa modernisation.
La formation étant d'un appoint essentiel à l'emploi et un
facteur décisif du relèvement du niveau d'efficience et de
rentabilité du travail, nous entreprendrons un programme de
mise à niveau globale, de ce secteur, au profit des
demandeurs d'emploi, des entreprises économiques, et des
régions et de leurs besoins de développement et
d'investissement.
En ce qui concerne l'enseignement supérieur, nous
concentrerons nos efforts, au cours de la prochaine étape,
sur la consécration de la notion de qualité dans tous les
cycles et sections, et la promotion de notre système
universitaire, pour le hisser au niveau des normes mondiales
les meilleures.
La recherche scientifique étant un support idoine pour
l'édification de la société de l'intelligence, du savoir et
de l'économie nouvelle, nous augmenterons une nouvelle fois
la part de la recherche scientifique et technologique dans
le PIB, pour la porter de 1,25% actuellement à 1,5% en 2014.
Trois pôles régionaux de recherche scientifique et
d'innovation technologique, répartis entre le Nord, le
Centre et le Sud du pays, seront créés. De plus, nous
orienterons les efforts en direction de la valorisation des
résultats de la recherche scientifique, au plan de
l'innovation et du développement de la production.
Dans le domaine de la culture que nous avons consacrée en
tant qu'appui du Changement, nous oeuvrerons à faire de la
Tunisie, un phare culturel durablement lumineux et
augmenterons les crédits inscrits au budget de la culture et
de la sauvegarde du patrimoine, pour les porter à 1,5% du
budget de l'Etat, en 2014, contre 1,25% en 2009, en
réservant la moitié du montant additionnel au développement
culturel et à la stimulation de la création et de la
production culturelle dans les régions.
En outre, nous nous proposons de marquer la période à venir,
en organisant un quinquennat de la culture (2009-2014), à
travers l'élaboration d'un programme annuel pour chaque
domaine artistique, c'est-à-dire, une année du théâtre, une
année de la musique, une année du cinéma, une année du livre
et une année de la peinture, qui donneront un nouveau
souffle à l'activité, à la production, à l'écoulement et à
la distinction.
Nous élaborerons un programme exhaustif de promotion de la
production de documentaires et notamment de la production
audiovisuelle, en vue de conserver les richesses historiques
dont regorge notre pays, les nombreux et divers monuments
archéologiques, les penseurs illustres qui ont laissé leur
empreinte dans la civilisation humaine, et les sites
naturels splendides et exceptionnels qui font la richesse du
patrimoine de notre pays.
Nul doute que notre insertion dans le courant de la
modernité va de pair avec notre attachement aux attributs de
notre identité nationale et à nos spécificités
civilisationnelles, et en tout premier lieu, à notre auguste
religion, l'Islam dont nous édifions et protégeons les
sanctuaires, dans toutes les régions du pays, tout en
veillant constamment à faire en sorte que la Tunisie soit
durablement un pôle islamique rayonnant, prêchant l'esprit
d'ouverture, de juste-milieu et de modération qui a toujours
été, au fil des époques, l'apanage des écoles réputées de
jurisprudence islamique de Kairouan et de la Zitouna.
Nous continuerons de soutenir l'effort d'interprétation
jurisprudentielle (l'Ijtihad), d'organiser des colloques et
de prendre part à toutes les rencontres qui servent l'image
lumineuse de l'Islam dans le monde et consacrent ses
préceptes sublimes, son esprit de modération et ses valeurs
éternelles.
Citoyennes,
Citoyens,
La Tunisie restera, comme elle l'a toujours été, attachée au
soutien des causes de justice et de paix dans notre région
et ailleurs dans le monde et, en premier lieu, de la cause
palestinienne qui est, pour nous, la première de toutes et
pour laquelle nous appuyons tous les efforts qui visent à
instaurer une paix juste et globale dans la région.
Nous veillerons, également, à consolider les fondements de
la coopération et du partenariat dans les divers espaces de
notre appartenance régionale, et notamment l'Union du
Maghreb Arabe qui représente, pour nous, un choix
déterminant pour l'avenir de nos peuples, outre le
renforcement de l'action arabe commune et la rationalisation
des espaces de concertation et de coordination, dans le
cadre de l'organisation de la conférence islamique.
Nous continuerons, en outre, à apporter notre soutien à la
progression de l'Union Africaine qui a accompli jusqu'ici
des pas encourageants. Nous irons, également, de l'avant
dans le développement de notre partenariat avec l'Union
Européenne et dans la participation aux efforts tendant à
mettre à profit l'intégration et la complémentarité au sein
de l'espace méditerranéen.
Nous porterons aussi nos efforts sur la dynamisation de nos
relations d'amitié avec les pays des continents américain et
asiatique, à travers l'accélération du rythme des échanges
commerciaux et l'approfondissement de la coopération dans
les domaines de l'investissement et des technologies
modernes.
Dans le même temps, nous apportons notre appui à toutes les
démarches internationales visant à faire évoluer le système
onusien et à renforcer l'efficacité de ses interventions, en
vue d'une consécration équitable et équilibrée de la
légalité internationale et de l'instauration durable et
généralisée de la paix et de la sécurité dans le monde.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous abordons une étape cruciale de l'histoire de la Tunisie
moderne.
Nous l'abordons en toute confiance et optimisme, en étant
fiers de nos acquis et de nos réalisations, et en comptant
sur notre peuple, sur toutes ses catégories et sur toutes
les régions.
Tout en réitérant mes remerciements à tous ceux qui nous ont
soutenu, je suis persuadé que l'esprit de persévérance dans
le travail et le labeur qui nous anime tous, ainsi que
l'enthousiasme sans faille dans l'attachement à la Tunisie
et la fidélité à sa seule bannière, seront, pour nous, le
meilleur stimulant pour l'édification d'un avenir meilleur
pour notre peuple et pour nos générations à venir.
C'est au service de la Tunisie que nous renouvelons notre
engagement et que nous avançons sur la voie du labeur et du
sacrifice.
C'est au service de l'ensemble des Tunisiennes et des
Tunisiens que nous avons élaboré ce programme, et c'est avec
eux tous que nous sommes confiants en la réussite et
optimistes quant à l'avenir.
Soyons tous fidèles à nos engagements, pour relever les
défis et concrétiser les aspirations. Puisse Dieu nous
accorder la réussite."